domingo, 21 de julio de 2013

Prestation de Serment de S.M. le Roi Philippe I des Belges


Majestés, Monsieur le Président de la Chambre des Représentants, Madame la Présidente du Sénat, Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs,
Je viens de prêter devant vous le serment constitutionnel. Je suis conscient de la responsabilité qui désormais m'incombe.  Ce serment est une promesse solennelle qui renouvelle la relation de confiance qui existe depuis bientôt deux cents ans entre le Roi et le peuple belge.
Je succède aujourd'hui à six autres Rois, dont mon père le Roi Albert. Sire, pendant vingt ans, vous avez entretenu cette confiance en vous montrant d'une part proche de tous, chaleureux et profondément humain, et d'autre part attentif et engagé dans l'exercice de votre responsabilité de Chef de l'Etat.  La Reine Paola vous a secondé dans votre tâche tout en se consacrant plus spécialement à des domaines essentiels tels que l'enseignement et la culture.
Avec sérénité, dignité et dévouement, vous avez accompagné le peuple belge en des temps parfois difficiles comme à des moments heureux et à une époque marquée par des changements profonds dans le monde.  Nous vous en sommes reconnaissants.
Je me rends compte de la chance que j'ai de pouvoir compter sur le soutien permanent de mon épouse la Reine Mathilde. Chère Mathilde, depuis de nombreuses années, tu t'es investie de tout ton cœur dans de nombreuses activités. Tu as un sens inné pour le contact humain. Avec nos chers enfants nous entamons, confiants, ce nouveau chapitre de notre vie et de notre pays.

Mesdames et Messieurs,
J'entame mon règne avec la volonté de me mettre au service de tous les Belges.  Je travaillerai pour cela en parfaite entente avec le gouvernement et dans le respect de la Constitution. Au cours des années écoulées j'ai pu tisser des liens de plus en plus forts avec de très nombreux concitoyens. Je compte intensifier ce dialogue.
La richesse de notre pays et de notre système institutionnel réside notamment dans le fait que nous faisons de notre diversité une force.  Nous trouvons chaque fois l'équilibre entre unité et diversité.  La force de la Belgique est justement de donner un sens à notre diversité.
La nouvelle réforme de l'Etat réalise un transfert de compétences important aux entités fédérées.  Cela rapprochera les citoyens de la prise de décisions. Cela permettra de mieux rencontrer les défis de l'avenir.  La force de la Belgique réside également dans ses entités fédérées. J'entends entretenir des contacts constructifs avec leurs responsables.  Je suis convaincu que la coopération entre l'Etat fédéral, les Communautés et les Régions s'opérera au plus grand bénéfice de nos citoyens et de nos entreprises.
Nous savons qu'ensemble nous pouvons mettre en valeur les talents de chacun. En cela réside notre génie commun tel qu'il s'est développé tout au long de notre histoire. C'est un état d'esprit qui a façonné notre caractère et nos valeurs.  Faire face ensemble aux problèmes les plus complexes, concilier les diverses aspirations, les intégrer sans qu'elles perdent leur originalité et leur force, voilà ce qui a aussi forgé notre inventivité et notre sens de la mesure.

Mesdames et Messieurs,
Ces valeurs qui nous animent ont guidé des générations d'hommes et de femmes avant nous. Par leur engagement dans la société et dans la politique ils ont assuré à notre pays un niveau élevé de prospérité et de solidarité. Ils ont offert à la fois un cadre solide pour entreprendre et une sécurité sociale efficace.
Nous sommes confrontés à une crise qui frappe durement de nombreux concitoyens.  Je veux aujourd'hui encourager chaque homme et chaque femme à faire face.  Il y a en chacun de nous un potentiel insoupçonné qui n'attend qu'à se révéler. J'en suis profondément convaincu. De plus, nous avons collectivement les moyens pour surmonter nos difficultés et pour assurer à chacun l'opportunité de progresser.
Plus que jamais, le projet européen doit nous donner espoir et confiance. L'Europe que nous souhaitons doit apporter croissance et solidarité.  Nous sommes fiers que notre capitale soit aussi la capitale de l'Europe et qu'à chaque moment de son histoire des dirigeants belges ont été au cœur de ce grand projet.  Au cours de mes missions à l'étranger j'ai pu constater combien les atouts de la Belgique et les talents et les forces dont elle dispose étaient appréciés de par le monde.
Mesdames et Messieurs, c'est dans cet esprit que j'agirai durant mon règne. Je soutiendrai, en Belgique et à l'étranger, toutes ces qualités qui sont les nôtres.
Donnons tous ensemble à notre pays un nouvel élan d'enthousiasme.
Vive la Belgique ! Leve België ! Es lebe Belgien !

Discours du Roi Albert II lors de la signature de l’acte d’abdication


Mesdames et Messieurs, Avant d’abdiquer, je suis heureux de m’adresser une dernière fois aux Autorités du pays, et à travers vous, à toute la population.

Je voudrais vous remercier, pour ce que vous avez réalisé de positif pour notre cher pays pendant la durée de mon règne.
Je voudrais ensuite rendre un hommage particulier au Premier Ministre, qui a accepté et accompli avec succès la difficile mission de former ce gouvernement, et qui ensuite, avec les Vice-Premiers Ministres et tout le Gouvernement, a pris les mesures nécessaires pour, dans des conditions difficiles, préserver au mieux le bien-être de tous les Belges.
Je voudrais aussi féliciter les Présidents des 8 partis qui, ensemble avec le Premier Ministre, ont convenu d’une réforme majeure de notre Etat fédéral. La Belgique se modernise et je m’en félicite. Et je m’en voudrais de ne pas associer les deux Secrétaires d’Etat concernés à cet hommage, pour l’énorme travail accompli.
Même si, de par le fonctionnement de nos institutions, j’ai davantage côtoyé durant mon règne les chefs et les membres des différents gouvernements qui se sont succédés, je souhaite saluer ici le rôle essentiel de nos assemblées parlementaires, et en particulier celui de l’opposition, sans lequel il n’y a pas de démocratie digne de ce nom.Il en est de même pour la liberté de la presse, qu’il faut chérir à tout prix.
Quant à la Reine Paola, qui m’a constamment soutenu dans ma tâche durant ces 20 années, je voudrais simplement lui dire merci.
Merci que j’adresse aussi à celles et à ceux qui auprès de moi m’ont prodigué de précieux conseils. Enfin, en tant que Roi et père, je voudrais m’adresser à mon fils, qui va me succéder. Philippe, tu as toutes les qualités de cœur et d’intelligence pour très bien servir notre pays dans tes nouvelles responsabilités. Toi-même et ta chère épouse Mathilde, avez toute notre confiance. Ta mère et moi formons le vœu ardent de plein succès dans cette tâche à laquelle tu es bien préparé.
Mes dernières recommandations pour vous tous, rassemblés ici, sont : travaillez sans relâche à la cohésion de la Belgique. Vous serez ainsi davantage encore des artisans de paix, vous défendrez au mieux le bien-être de tous, et notre pays restera une inspiration pour l’Europe qui cherche l’unité dans la diversité.
Meine Damen und Herren,
Unser Land muss ein Inspirationsquell für Europa bleiben, dieses Europa das die Einheit in seiner Verschiedenheit sucht.
Herzlichen Dank.
Merci

miércoles, 1 de mayo de 2013

2013, el Tratado de Utrecht y Felipe V: Una mirada desde la cultura



Tal y como está el panorama político en general y autonómico en particular, no creo que esta efeméride sea muy recordada o celebrada a lo largo del año que acabamos de estrenar. Sin embargo, paradójicamente, en un tiempo en el que todo se politiza, nada más lejos de mi intención que polemizar en torno a la firma del Tratado de Utrecht, para tan solo referir alguna de las consecuencias artísticas y culturales que éste trajo consigo.

Realmente la Paz de Utrecht, por los países y los intereses implicados, es compleja y más que de un tratado, podemos hablar de varios tratados, pero realmente fue en 1713 cuando se acordaron los pactos más trascendentes, aquellos que permitieron dar un cambio de rumbo a toda Europa, a éstos se pueden añadir otros rubricados en el año anterior o posterior.

Por lo que a nosotros respecta, el Tratado de Utrecht, y con él el asentamiento definitivo de la dinastía borbónica en nuestro país supuso el advenimiento de una necesaria transformación del panorama cultural de la España de entonces, una transformación de la que nosotros querámoslo o no, directa o indirectamente, somos herederos.

En efecto, en unos tiempos, en los que tanto se habla de la necesaria internacionalización del arte y de su imprescindible cohesión con Europa, aunque algo de esto ya sabía Ortega y Gasset frente a los presupuestos del melancólico regeneracionismo noventayochista, lo cierto es que la firma del Tratado implicaba una nueva alianza, al menos cultural, con el Viejo Continente.

Aun con el alto coste geográfico que supuso para España Utrecht, la llegada de Felipe V determinó en muchos aspectos el fin de un país ensimismado en el trono caído del Imperio, y aquí, sí incluyo, con intención de polemizar, nuestro gran Siglo de Oro, a favor del aperturismo hacia Francia e Italia, con todo lo que eso suponía en el pensamiento y la estética del llamado Siglo de las Luces.

La puerta a la Ilustración quedaba abierta, fue tan solo un proceso de decantación que, en algunos casos, dejó fuera de juego a ciertos creadores españoles a favor del cosmopolitismo sofisticado de pintores como Van Loo o de arquitectos como Juvara y Sachetti. Otro tanto podíamos decir de la música, la estancia de Farinelli y sobre todo de D. Scarlatti en la corte madrileña renovó la inspiración de toda una potente generación de compositores nacionales. Por cierto, aunque adquiridos en tiempos de Carlos IV, fue Felipe V quien ya intentó atesorar una importante colección de Stradivarius.

Es también ahora cuando se cimienta nuestro actual afán científico a través de la sistematización del conocimiento, la herramienta elegida en este caso fueron las academias, cuyo impulso inicial vino de la mano del primer Borbón. El interés por el conocimiento y la ciencia quedaba ratificado por ciertas reformas educativas, encaminadas al control de ésta por parte del Estado. 

Javier García-Luengo Manchado
Miembro de la Asociación Monárquica Europea

sábado, 16 de marzo de 2013

Al Servicio de Dios y de las Almas




Entre las muchas tradiciones de los pontífices romanos se cuenta la de elegir un escudo que simbolice su persona y, en algunos casos, un lema que hable de la línea maestra de lo que desea sea su pontificado. Desde Inocencio III los papas usan escudos de armas. Los dos últimos papas han sido muy distintos, y diferente también fue su criterio para elegir su blasón. Desde la muerte del Arzobispo Bruno Heim, uno de los prelados más dedicados a la heráldica papal y que diseñó los escudos de Juan XXIII, Pablo VI, Juan Pablo I y Juan Pablo II, es el Cardenal Andrea Cordero Lanza di Montezzemolo, que no ha sido elector en el último cónclave, debido a su edad, el más conocido prelado amante y conocedor de la heráldica. En 2005, sin ser aún cardenal sino Arzobispo y Nuncio Apostólico, diseñó el escudo de Benedicto XVI. El escudo  sorprendió a propios y extraños por haber utilizado una mitra de modernas formas sobre las armas papales en vez de la tradicional tiara pontificia. Incluyó también un símbolo nuevo en la heráldica papal: el pallium, el palio petrino, insignia típica del Soberano Pontífice que aparece frecuentemente en retratos de antiguos papas y que simboliza no sólo su jurisdicción sino también su colegialidad y hermandad con los Arzobispos Metropolitanos.

El cardenal Jorge Mario Bergoglio, ahora Su Santidad el Papa Francisco I, tiene en el centro del campo de azur de sus armas cardenalicias un sol de oro cargado con las letras IHS, simbología plenamente jesuítica, como corresponde a quien pertenece a la Compañía de Jesús, además de tres clavos alusivos sin duda a los de Cristo. También lleva una estrella de plata de cinco puntas, símbolo mariano, y un racimo de uvas. Y como lema las palabras “Miserando Atque Eligendo”. Es sabido que Juan Pablo II tomó el famoso lema “Totus Tuus”, que expresaba su consagración a la Virgen María y la veneración a San Luis María Grignion de Montfort en cuyo libro “Tratado de la verdadera devoción a la Santísima Virgen” figuran esas palabras. Sin embargo Benedicto XVI no eligió moto alguno,  como significando apertura a todos los ideales derivados de la Fe, la Esperanza y la Caridad, como señaló en su día el citado Andrea Cordero Lanza di Montezzemolo, quien por cierto tiene un hermano en el país del nuevo Papa, Argentina: el marqués Manfredo Cordero Lanza di Montezzemolo, Caballero de Honor y Devoción en Obediencia de la Soberana Orden Militar de Malta.

El lema del escudo del cardenal Bergoglio hace referencia a la elección de San Mateo, cuando Nuestro Señor Jesucristo señaló al publicano con misericordia y eligiéndolo (miserando atque eligendo) y le dijo “sígueme”. Es pues la manifestación de una vocación, de la vocación a servir a Dios y a las almas. No sabemos qué escudo y qué lema elegirá el nuevo Papa. Esperemos pues, expectantes, las nuevas armas papales que imaginamos llevarán las llaves de San Pedro, dispuestas en cruz de San Andrés. El resto está por ver.

Amadeo Rey y Cabieses
Miembro de la Junta Directiva de la Asociación Monárquica Europea
Doctor en Historia

Publicado en La Razón del 15-03-2013

lunes, 4 de marzo de 2013

Protocolo de la Entronización Papal


por Amadeo-Martín Rey y Cabieses


Con la ayuda del Espíritu Santo y la necesaria colaboración de los cardenales electores, pronto tendremos nuevo Papa. La inauguración del pontificado, el rito de coronación ahora llamado de entronización, supondrá un despliegue de complicadas ceremonias a las que probablemente acuda nuestra Reina. El protocolo exige que en las audiencias privadas ante el Papa las damas vistan de negro, sin escotes, falda por debajo de la rodilla y manga larga. Evidentemente se deben evitar altos tacones, excesivas joyas y demasiado maquillaje. Así es como debería ir la Princesa de Asturias. Aunque hay quien piensa que sólo las reinas de España y de Portugal tienen el privilegio de lucir traje blanco y mantilla de idéntico color ante Su Santidad el Papa, lo cierto es que este uso, el llamado “Privilège du blanc”, está extendido al resto de soberanas católicas tanto titulares como consortes, como agradecimiento del Papa a los soberanos que se mantuvieron fieles al Sumo Pontífice durante los convulsos tiempos de la Reforma Protestante.

Sin embargo, las reinas de España tienen la particularidad de usar peineta, mientras que el resto usa simplemente la mantilla sobre el cabello. Así, en un acto en la Santa Sede ante S.S. el Papa podrían usar traje y mantilla blanca S.M. la Reina Doña Sofía de España, S.M. la Reina Fabiola, S.M. la Reina Paola de los Belgas, S.A.R. la Gran Duquesa María Teresa de Luxemburgo y por extensión SS.AA.SS. las Princesas María de Liechtenstein y Charlene de Mónaco. La esposa del entonces primer ministro británico Anthony Blair dio un “faux pas” cuando se presentó ante Benedicto XVI en 2006 vestida de blanco.

La tradición en las ceremonias solemnes y audiencias papales en la Santa Sede es que los varones acudan vestidos con frac, con chaleco negro en vez de blanco cuando se trata de una ceremonia religiosa. Lamentablemente algunos monarcas y príncipes europeos han pasado por alto esta respetuosa costumbre para presentarse ante el Sucesor de Pedro con un simple traje oscuro. Fue el reciente caso del príncipe Alberto II de Mónaco, que –en enero pasado- acudió de azul mientras su esposa llevaba traje blanco con mantilla del mismo color. Los signos exteriores dicen de las disposiciones interiores y no estaría de más que las acendradas usanzas vaticanas continuaran rigiendo y siendo respetadas.

Cuando Benedicto XVI fue entronizado en 2005 acudieron SS.MM. los Reyes de España acompañados por los ministros de Asuntos Exteriores, Defensa y Justicia. El día antes es ya tradición que el Embajador de España ante la Santa Sede, que hoy es Eduardo Gutiérrez Sáenz de Buruaga, ofrezca una recepción en el Palacio de España en Roma, sede de la misión diplomática permanente más antigua del mundo. Don Juan Carlos y Doña Sofía estuvieron también en los ritos de coronación de Juan Pablo I, Juan Pablo II en 1978. El protocolo vaticano establece que los soberanos reinantes y sus consortes se sienten en primera fila por orden alfabético del nombre de sus países en francés, el idioma diplomático por excelencia. Los miembros de casas reales no reinantes van detrás de las reinantes. Don Juan Carlos I vestía entonces uniforme de gala de capitán general y Doña Sofía traje y mantilla blancos con peineta. Cuando el ahora Papa Emérito inauguró su pontificado sólo acudieron, de entre las Casas Reales europeas reinantes, y entre los 36 jefes de Estado y las 140 delegaciones oficiales, además de nuestros Reyes, Carlos XVI Gustavo de Suecia, los grandes duques Enrique y María Teresa de Luxemburgo –ella de blanco y mantilla- Alberto II de Mónaco, el príncipe heredero Guillermo Alejandro de los Países Bajos, el príncipe heredero Felipe de Bélgica y el Duque de Edimburgo, esposo de Isabel II de Inglaterra. Esperemos que para acompañar a quien salga elegido Papa del próximo cónclave haya más y más altas representaciones. No en vano, será no sólo un soberano temporal sino el líder espiritual de millones de personas de todo el mundo.

Amadeo Rey es Doctor en Historia, Profesor de Dinastías Reales del Máster de Protocolo de la Universidad Rey Juan Carlos y miembro de la Directiva de la Asociación Monárquica Europea

Publicado en La Razón el 02-03-2013



viernes, 1 de marzo de 2013

Definición de la Monarquía Hereditaria

Primer Manifiesto de Estoril de Don Juan, Conde de Barcelona, de 7 de abril de 1947




Españoles:


El General Franco ha anunciado públicamente su propósito de presentar a las llamadas Cortes un proyecto de Ley de Sucesión a la Jefatura del Estado, por el cual España queda constituida en Reino, y se prevé un sistema por completo opuesto al de las Leyes que históricamente han regulado la sucesión a la Corona.

En momentos tan críticos para la estabilidad política de la Patria, no puedo dejar de dirigirme a vosotros, como legítimo Representante que soy de vuestra Monarquía, para fijar mi actitud ante tan grave intento.

Los principios que rigen la sucesión de la Corona, y que son uno de los elementos básicos de la legalidad en que la Monarquía Tradicional se asienta, no pueden ser modificados sin la actuación conjunta del Rey y de la Nación legítimamente representada en Cortes. Lo que ahora se quiere hacer carece de ambos concursos esenciales, pues ni el titular de la Corona interviene ni puede decirse que encarne la voluntad de la Nación el organismo que, con el nombre de Cortes, no pasa de ser una mera creación gubernativa. La Ley de Sucesión que naciera en condiciones tales adolecería de un vicio sustancial de nulidad.
Tanto o más grave es la cuestión de fondo que el citado proyecto plantea. Sin tener en cuenta la necesidad apremiante que España siente de contar con instituciones estables, sin querer advertir que lo que el país desea es salir cuanto antes de una interinidad cada día más peligrosa, sin comprender que la hostilidad de que la Patria se ve rodeada en el mundo nace en máxima parte de la presencia del General Franco en la Jefatura del Estado, lo que ahora se pretende es pura y simplemente convertir en vitalicia esa dictadura personal, convalidar unos títulos, según parece hasta ahora precarios, y disfrazar con el manto glorioso de la Monarquía un régimen de puro arbitrio gubernamental, la necesidad de la cual hace ya mucho tiempo que no existe.

Mañana la Historia, hoy los españoles, no me perdonarían si permaneciese silencioso ante el ataque que se pretende perpetrar contra la esencia misma de la Institución monárquica hereditaria, que es, en frase de nuestro Balmes, una de las conquistas más grandes y más felices de la ciencia política.

La Monarquía hereditaria es, por su propia naturaleza, un elemento básico de estabilidad, merced a la permanencia institucional que triunfa de la caducidad de las personas, y gracias a la fijeza y claridad de los principios sucesorios, que eliminan los motivos de discordia, y hacen posible el choque de los apetitos y las banderías.

Todas esas supremas ventajas desaparecen en el proyecto sucesorio, que cambia la fijeza en imprecisión, que abre la puerta a todas las contiendas intestinas, y que prescinde de la continuidad hereditaria, para volver, con lamentable espíritu de regresión, a una de esas imperfectas fórmulas de caudillaje electivo, en que se debatieron trágicamente los pueblos en los albores de su vida política.

Los momentos son demasiado graves para que España vaya a añadir una nueva ficción constitucional a las que hoy integran el conjunto de disposiciones que se quieren hacer pasar por leyes orgánicas de la Nación, y que además, nunca han tenido efectividad práctica.

Frente a ese intento, yo tengo el deber inexcusable de hacer una pública y solemne afirmación del supremo principio de legitimidad que encarno, de los imprescriptibles derechos de soberanía que la Providencia de Dios ha querido que vinieran a confluir en mi persona, y que no puedo en conciencia abandonar porque nacen de muchos siglos de Historia, y están directamente ligados con el presente y el porvenir de nuestra España.
Por lo mismo que he puesto mi suprema ilusión en ser el Rey de todos los españoles que quieran de buena fe acatar un Estado de Derecho inspirado en los principios esenciales de la vida de la Nación y que obligue por igual a gobernantes y gobernados, he estado y estoy dispuesto a facilitar todo lo que permita asegurar la normal e incondicional transmisión de poderes. Lo que no se me puede pedir es que dé mi asentimiento a actos que supongan el incumplimiento del sagrado deber de custodia de derechos que no son solo de la Corona, sino que forman parte del acervo espiritual de la Patria.
Con fe ciega en los grandes destinos de nuestra España querida, sabéis que podéis contar siempre con vuestro Rey.

JUAN
Estoril, 7 de abril de 1947